Not for sale – Garland online exhibition

Ceci n’est pas une pipe (Day 22), 2015. Found objects, thread

One of my necklaces from the “40 days – 40 necklaces” series has been selected to be presented in  Not For Sale, an online exhibition in Garland Magazine Issue # 7  (when browsing the page online, it is image 38th)

The exhibition considers not just what we make, but also why we make. It looks at works that were made without expectation of financial reward.

My necklace is “ceci n’est pas une pipe” and here is what I say about it:

It is day 22 of doing one new necklace for 40 days. I look around my studio for inspiration and I decide: today I will be using this pipe. I had it for only a couple of years but it acts as a souvenir of my childhood, of a man I admired and loved and who smoked the pipe. He was the father of my best friend and he holds a special place in my heart as a fatherly figure. He was always caring about how I was doing and showing interest in my activities and thinking; the exact opposite of my distant father. Objects have a purpose that they are meant to be used for. And with that purpose is associated a name. The object “pipe” is used to smoke. Once I had dismantled the object and re-assembled it into a necklace—in the spirit of Marcel Duchamp’s Readymade—its purpose had change, and so its name. The title imposed itself as obvious:”ceci n’est pas une pipe” (this is not a pipe). Of course, I also enjoyed the reference to Magritte’s famous painting “ceci n’est pas une pipe” through which he stated that the image of an object is not the object itself. I found pleasure in taking the statement further, that when an object is being re-purposed, when it is not being used for what it was initially meant for, it also loses its name. “This is not a pipe” is a necklace. Objects have that power of carrying memories and emotional meaning, whatever we do with them. Now this necklace has two souvenirs associated with it: the one of the fatherly man of my childhood, and the period of my life I made it: a few months before my mother’s passing. Cherished memories are not for sale. They are priceless.

Un de mes colliers de la série “40 jours – 40 colliers” a été sélectionné pour être présenté dans l’exposition intitulée « Pas à vendre »  dans le magazine en ligne Garland. Cette exposition parle de pièces que l’on fait sans attendre de récompense financière. Mon collier s’intitule « Ceci n’est pas une pipe » et voilà ce que j’ai expliqué :

C’est le 22ème jour des 40 jours où je fais un nouveau collier chaque jour. Je regarde autour dans mon atelier pour trouver l’inspiration et je me décide : aujourd’hui j’utiliserai cette pipe. Je l’ai depuis quelques années seulement mais elle représente un souvenir de mon enfance, celui d’un homme que j’admirais et que j’aimais et qui fumait la pipe. Il était le père de ma meilleure amie et il tient une place spéciale dans mon cœur comme une figure paternelle. Il demandait toujours comment j’allais et exprimait un intérêt dans ce que je faisais et ce que je pensais ; exactement l’opposé de mon père distant. Un objet a une utilité pour laquelle il est utilisé. Et avec cette utilisation est associé un nom. L’objet « pipe » est utilisé pour fumer. Une fois que j’ai eu démonté la pipe et que je l’ai ensuite réassemblée en un collier – à la manière de Marcel Duchamp et ses Ready-made – son utilisation changea, ainsi que son nom. Le titre s’est imposé de manière évidente : « ceci n’est pas une pipe ». J’ai également pris plaisir à évoquer la référence au tableau célèbre de Magritte, « ceci n’est pas une pipe »  où il affirme que l’image de l’objet n’est pas l’objet lui-même. J’ai amené l’affirmation plus loin en disant que quand un objet change d’utilisation, quand il n’a plus le même usage qu’à l’origine, alors il perd son nom. « Ceci n’est pas une pipe » est un collier. Les objets ont le pouvoir de porter en eux-mêmes des souvenirs et un sens émotionnel, quel que soit l’usage que l’on en fait. Maintenant ce collier a deux souvenirs qui lui sont associés : l’un de cette figure paternelle de mon enfance, et l’autre de la période où j’ai fait ce collier, quelques mois avant le décès de ma mère. Les souvenirs précieux ne sont pas à vendre. Ils n’ont pas de prix.

 

 

Best Interpretation of the Theme Award & News Article

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Chaine of fools 2, day 17. Detail, 2015. Repurposed steel found objects, paint. © Blandine Hallé

My necklace “chain of fools 2” won the “best interpretation of the theme” award at the What Goes Around exhibition that just opened at the Turner Gallery in Perth, WA. My submission form said: What goes around… a steel wire around an empty void to form a spiral.

Chain of fools 2. Repurposed found steel objects, paint.
Chain of fools 2. © Blandine Hallé 2015

award-tag_web A big thank you to the jurors Dr Dorothy Erickson and Philip Noakes. Thank you also to JMGA (WA) and Western Frontier for their financial contribution to the award.

On 22 November 2016, the local paper Fremantle Gazette (Community News) published this article. Note that it was written before I received the award, that is why there is no mention of it. The photo was taken recently in the jewellery workshop of the Massana school in Barcelona where I am currently studying for a Postgraduate Diploma in Applied Arts.

community-newspaper-group-cockburn-gazette-22-nov-2016-page-24Mon collier “chain of fools 2” a gagné le prix de la “meilleure interprétation du thème” à l’exposition What Goes Around (Ce qui va autour) qui vient juste d’ouvrir à la galerie Turner à Perth, WA. Sur mon dossier d’application j’avais écrit : Ce qui va autour… un fil de métal autour un espace vide pour former une spirale.

Un grand merci aux jurés Dr Dorothy Erickson et Philip Noakes. Merci également à JMGA (WA) et Western Frontier pour leur contribution financière à ce prix.

Le 22 novembre 2016, le journal local Fremantle Gazette (Community News) publiait cet article. Notez qu’il a été écrit avant que je reçoive le prix, c’est pourquoi il n’en n’est pas fait mention. La photo a été prise récemment à l’école Massana de Barcelone où je poursuis actuellement des études pour un diplôme « postgraduate » d’arts appliqués (2ème cycle).

 

What goes around exhibition

Here is an invitation to come and see my work at this group exhibition opening in Perth this Friday 25 November. It is organised by the Jewellers and Metalsmith Group of Australia (WA) and takes place only every 2 years. This year it is hosted by the renowned Turner gallery and will be presenting the works of 44 local contemporary jewellers.

I am very grateful to the JMGA team to have enable me to participate while I am being  in Barcelona. I am presenting two necklaces from my “40 days 40 necklaces” series. On the invitation you can see the close-up images of both pieces:  “Chain of fools 2” is at the top row, middle photo; “Blossoming” is on the middle row, left photo.

Illustrating the theme “what goes around”, the “Blossoming” necklace represents a reticulation pipe going around a garden of blossoming flowers; the other necklace “chain of fools 2” is made of steel wires that go around an empty void to form spirals.

Following the model of circular economy, I design and make jewellery using discarded materials that I recycle and repurpose. As I am walking around the urban or natural landscape, I collect things I find – objets trouvés. I delight in transforming the mundane and the discarded: through a joyful alchemy, the old and the dirty give birth to a colourful and bright artwork.

Voici une invitation pour venir voir deux de mes œuvres à cette exposition de groupe qui ouvre à Perth ce vendredi 25 novembre. Celle-ci est organisée par le groupe JMGA (WA) et a lieu tous les 2 ans seulement. Cette année elle se déroule à la galerie Turner, une des plus renommées de Perth. Les œuvres de 44 artistes locaux du bijou contemporain seront présentées.

Je suis très reconnaissante à l’équipe de JGMA (WA) de m’avoir permis de participer alors que je suis ici à Barcelone. Je présente 2 colliers de ma série « 40 jours 40 colliers ». Sur l’invitation, vous pouvez voir les photos en plan rapproché de ces deux pièces : « Chain of fools 2 » est sur le rang du haut, au milieu ; « Blossoming » est sur le rang du milieu à gauche.

Ces deux colliers illustrent le thème « ce qui va autour » ou « ce qui fait le tour ». Le collier « Blossoming » représente un tuyau d’irrigation qui va autour d’un jardin en fleurs. L’autre collier « chain of fools 2 » est fait de fils d’aciers qui s’enroulent autour d’espaces vides pour former des spirales.

En suivant le modèle de l’économie circulaire, je conçois et fabrique des bijoux en utilisant des matériaux usés que je recycle et dont je change l’attribution. Alors que je me promène dans le paysage urbain ou naturel, je ramasse des choses que je trouve – des objets trouvés. Je prends beaucoup de plaisir à transformer l’insignifiant et le rejeté : par une alchimie joyeuse le vieux et le sale donnent naissance à une œuvre colorée et lumineuse.

 

40 days 40 necklaces – day 37, “bright as a button”

Day 37, bright as a button. Repurposed button, jarrah beads, brass, stainless steel. © Blandine Hallé 2015
Day 37, bright as a button. Repurposed button, jarrah beads, brass, stainless steel. © Blandine Hallé 2015

For those who are not familiar with the varieties of timber, jarrah or Eucalyptus marginata is one of the most common species of Eucalyptus tree in the southwest of Western Australia. Its wood is dark red and very dense. It is  prized for use in furniture and parquetry. It was also commonly used as a building material and other outdoor uses in Western Australia as it is very resistant to weather and rot. I have boxes full of pieces of jarrah that I have gathered over years, from the woodwork craft that I used to practice to my studio renovation … It was already recycled when I gathered it, so now it’s upcycled.

Pour ceux qui ne sont pas familier avec les variétés de bois, le jarrah ou Eucalyptus marginata est une des espèces d’Eucalyptus les plus communes dans le sud-ouest de l’Australie Occidentale. Le bois est rouge sombre et très dense. Il est prisé pour son utilisation en ébénisterie et parquets. Il était aussi communément utilisé comme matériau de construction et autres utilisations extérieures en Australie occidentale car il est très résistant aux intempéries et à la pourriture (Il est maintenant remplace par le pin traité). J’ai des boites pleines de morceaux de jarrah que j’ai amassé au cours des années, venant du travail du bois que je pratiquais et de la rénovation de mon atelier… Il était déjà recyclé quand je l’ai amassé, il est maintenant ‘upcycled’ (réutiliser des objets ou des matériaux jetés de manière à créer un produit d’une plus haute qualité ou valeur que celui d’origine).

 

40 days 40 necklaces – day 35, “learning curve”

Day 35, learning curve. Upcycled wood, sterling silver, stainless steel, thread. © Blandine Hallé 2015
Day 35, learning curve. Upcycled wood, sterling silver, stainless steel, thread. © Blandine Hallé 2015

Big day today, taught myself how to use a small lathe. This is my first attempt at making wood beads. Origin of wood unknown, but I suspect somewhere South-East Asia, considering the colour and softness – not a hardwood like a Western Australian one. Probably not from a sustainably managed forest… Previous life: my garden rake handle, broken a few months ago. No, no, can’t throw that away… might be useful one day…. the day has come!

Grosse journée aujourd’hui, je me suis appris comment utiliser un petit tour à bois. Ma première tentative à faire des perles en bois. Origine du bois inconnue, mais je suspecte Asie du Sud-Est en considérant la couleur et la densité – pas un bois dur comme en Australie Occidentale. Probablement pas une forêt gérée de façon durable… Vie précédente : le manche de mon râteau de jardin, cassé il y a quelques mois. Non, non, on ne peut pas jeter cela… ça peut servir un jour…. Le jour est venu !

 

40 days 40 necklaces – day 34, “follow the thread”

Day 34, follow the thread. Repurposed plastic tubes, paint, thread. © Blandine Hallé 2015
Day 34, follow the thread. Repurposed plastic tubes, paint, thread. © Blandine Hallé 2015

It’s quite an adventure every day… I have an idea in mind of a design with a particular material. I start preparing the material, here slicing circles from discarded plastic tubes. Then as I go on putting them together on the table and exploring designs, other ideas come up; I follow a thread and find myself in an instant working on another design. Then again, when I finish assembling the necklace, following the threads, the materials don’t do quite what I was expecting (this is all experimental), and other possibilities of design open up! So today I have settled for that one, but don’t be surprised if you see circles and threads popping up again somewhere along the track…

C’est une aventure chaque jour… j’ai une idée de design à l’esprit avec un matériau particulier. Je commence à préparer le matériau, ici à couper des cercles dans des tubes en plastiques jetés. Ensuite, alors que je les mets ensemble sur la table et que j’explore les possibilités de design, d’autres idées arrivent. Je suis une idée comme on suit un fil et je me retrouve en un instant à travailler sur un autre design. Ensuite, de nouveau, alors que je fini d’assembler le collier, en suivant les fils, les matériaux ne font pas exactement ce que j’attendais (tout cela est expérimental), et d’autres possibilités de design s’ouvrent ! Alors aujourd’hui voici ce collier, mais ne soyez pas surpris si vous voyez de nouveau surgir des cercles et des fils en chemin…

post-sciptum: j’ai traduit en francais le texte d’hier 🙂

40 days 40 necklaces – day 33, “my precious”

Day 33, my precious. Found object, thread, brass stamp. © Blandine Hallé 2015
Day 33, my precious. Found object, thread, brass stamp. © Blandine Hallé 2015

This is my personal contribution to the debate on what is jewellery today. We don’t even know how to call it: when you look at my tags on this blog, there is “contemporary jewellery”, “art jewellery”…

My perspective with this necklace (and the other 99 of this project) is that jewellery is an object that is worn on the body with the intent of adornment. English being my second language, and having a playful nature, I like to look at English words in a literal way: necklace = neck – lace. A lace around the neck. That gives me a lot of freedom for the 67 “laces around the neck” to come!

Adornment: that is a very subjective notion. How we decide to dress ourselves, our idea of what makes us look good, beautiful, attractive. The very notion of what is beautiful is subjective and varies from one person to another. This applies to jewellery in the same way it applies to any art form.

Then comes the questions around the object itself that is worn. Does it has to be precious to be considered jewellery? What does precious means anyway… talking about gold and silver, we say they are “precious metals”. I have the point of view that “precious” is not limited to the monetary value of the object. Something can be “precious” because we make it so. The object becomes “precious” by its meaning to us: it could be that we bought it during a trip overseas many years ago, or that someone gave it to us, or that it reminds us of our grand-mother, or that we found it on a special day. That’s our personal choice.

So here’s the story of “my precious” necklace:

This rusted metal object is significant for me as it refers to a specific time some years ago where I was fascinated with rusted pieces of metals that I would find anywhere I walked and that I collected. From memory I found this one in front of Fremantle train station – a lot of buses rolled on it to flatten it! It is special and precious because I never found any other like that, with that patina that I find beautiful. It’s beauty doesn’t come just from the different hues of rust blended with the old paint, it also comes from the design: a centered hole within a triangle within a circle. It is precious because I found it, I made it so. That’s what I like about found objects, usually those that are discarded: I bring them back to life. The life I decide. I play god like a little girl assigning roles to her toys.

Ceci est ma contribution personnelle au débat sur ce qu’est le bijou aujourd’hui. Nous ne savons même pas comme l’appeler : quand vous regardez mes « tags » sur le blog, il y a « bijou contemporain », et en anglais « bijou d’art »…

Ma perspective avec ce collier (et les 99 autres de ce projet) est que le bijou est un objet qui est porté sur le corps avec l’intention de décorer. L’anglais est une seconde langue pour moi, et j’ai une nature joueuse, j’aime traduire les mots anglais de façon littérale : neck (cou), lace (cordon) = un cordon autour du cou. Le collier est un cordon autour du cou. Cela me donne beaucoup de liberté pour les 67 « cordons autour du cou » à venir !

Décoration: c’est une notion très subjective. Comment nous décidons de nous habiller, notre idée de ce qui nous va bien, qui nous rend belle, séduisante. La notion même de ce qui est beau est subjective et varie d’une personne à un autre. Cela s’applique au bijou de la même manière que cela s’applique à toute forme d’art.

Vient ensuite les questions autour de l’objet lui-même qui est porté. Est-ce qu’il doit être précieux pour être considéré comme un bijou ? Qu’est-ce que veut dire précieux… en parlant de l’or et de l’argent, nous disons des « métaux précieux ». J’ai le point de vue que « précieux » n’est pas limité à la valeur monétaire de l’objet. Quelque chose peut être « précieux » parce que nous le considérons ainsi. L’objet devient « précieux » par la signification qu’il a pour nous : cela peut être parce que nous l’avons acheté pendant un voyage à l’étranger il y a plusieurs années, ou bien parce que quelqu’un nous l’a donné, ou bien parce qu’il nous rappelle notre grand-mère, ou bien nous l’avons trouvé un jour spécial. C’est notre choix personnel.

Alors voici l’histoire de “mon précieux” collier:

Cet objet rouillé en métal est significatif pour moi parce qu’il fait référence à une période particulière il y a quelques années où j’étais fascinée par les morceaux de métal rouillés que je trouvai en chemin partout où j’allais et que je ramassais. De mémoire j’ai trouvé celui-là devant la gare de Fremantle – beaucoup d’autobus ont roulés dessus pour l’aplatir ! Il est spécial et précieux parce que je n’en n’ai jamais trouvé un autre comme celui-ci, avec cette patine que je trouve belle. La beauté de l’objet ne vient pas seulement des différentes teintes de rouille mélangées à la vieille peinture, elle vient aussi du design : un trou au milieu à l’intérieur d’un triangle, à l’intérieur d’un cercle. Il est précieux parce que je l’ai trouvé, je l’ai rendu ainsi. C’est cela que j’aime dans les objets trouvés, ceux qui habituellement ont été jetés : je les ramène à la vie. La vie que je décide. Je joue à dieu comme une petite fille qui distribue des rôles à ses jouets.

40 days 40 necklaces – day 29, “blossoming”

Day 29, blossoming. Upcycled reticulation tubes and parts, paper, paint, pencils, gum nuts, linen thread. © Blandine Hallé 2015
Day 29, blossoming. Upcycled reticulation tubes and parts, paper, paint, pencils, gum nuts, linen thread. © Blandine Hallé 2015

You will never look at your reticulation system the same way…  A timely piece for spring time.

Day 29, blossoming - close up. Upcycled reticulation tubes and parts, paper, paint, pencils, gum nuts, linen thread. © Blandine Hallé 2015
Day 29, blossoming – close up. Upcycled reticulation tubes and parts, paper, paint, pencils, gum nuts, linen thread. © Blandine Hallé 2015

Vous ne regarderez plus jamais votre système d’irrigation de la même manière (les tubes en plastique recyclés et peint sont à l’origine des petits tuyaux d’irrigation, très communément utilisés en Australie). Un collier qui va bien avec l’ambiance de printemps du moment

40 days 40 necklaces – day 22, “ceci n’est pas une pipe”

Day 22. Ceci n'est pas une pipe. Upcycled wood, metal, plastic. © Blandine Hallé 2015
Day 22. Ceci n’est pas une pipe. Upcycled wood, metal (brass, copper, iron), plastic. © Blandine Hallé 2015

In his painting titled “Ceci n’est pas une pipe”, Magritte demonstrated that the image or the representation of an object is not the object itself. Borrowing his title, I illustrate with this necklace the close relationship between the name of an object and its function. If an object has lost its original function, the one for which it was called a certain name, it cannot be called by that name anymore. This is not a pipe; here are pieces of wood and plastic assembled with other pieces of wood and metal to form a necklace.

Dans son tableau “Ceci n’est pas une pipe”, Magritte démontra qu’une image ou la représentation d’un objet n’est pas l’objet lui-même. En empruntant son titre, j’illustre avec ce collier la relation étroite entre le nom d’un objet et la fonction du dit objet. Si un objet a perdu sa fonction initiale, celle pour laquelle on l’appelle un certain nom, il ne peut plus être appelé par ce nom-là. Ceci n’est pas une pipe ; ici il y a des morceaux de bois et de plastique assemblés avec d’autres morceaux de bois et de métal pour former un collier.

40 days 40 necklaces – day 18, “ad lib”

Day 18, ad lib. Found object, brass, leather. © Blandine Hallé 2015
Day 18, ad lib. Found object, brass, leather. © Blandine Hallé 2015

A mysterious found object got himself a new life today. I worked with the material, some remnant of the industrial era, and the shape to come up with a design that evolved and developed as I was working on it – “ad lib”… This expression came to my mind as a lover of jazz and as a memory of the time of my early twenties when I played alto saxophone for a few years.

Note: “ad lib”, also “ad libitum.” A notation on written music that gives the performer freedom to vary the notes or tempo; in jazz it typically means to improvise freely (from jazz glossary)

Un objet mystérieux a pris une nouvelle vie aujourd’hui. J’ai travaillé avec le matériau, un résidu de l’ère industrielle, et la forme pour arriver à un design qui a évolué et s’est développé au fur et à mesure que j’y travaillais – “ad lib”… Cette expression m’est venue à l’esprit en tant qu’amateur de jazz et comme un souvenir de l’époque où j’avais une vingtaine d’années et jouait du saxophone alto.

Note: « ad lib », aussi « ad libitum ». Une annotation de musique écrite qui donne à l’exécutant la liberté de varier les notes ou le tempo; en jazz cela veut dire improviser librement (glossaire de jazz)

40 days 40 necklaces – day 17, “chain of fools 2”

Day 17. Chain of fools 2. Upcycled rusted parts and chain, paint. © Blandine Hallé 2015
Day 17. Chain of fools 2. Upcycled rusted parts and chain, paint. © Blandine Hallé 2015

The elements of this one also come from my box of rusted ‘treasures’, like yesterday, but this time painted.

Les éléments de ce collier viennent aussi de mon carton de ‘trésors’ rouillés, comme hier, mais cette fois peint.

Day 17. Chain of fools 2, close-up. Upcycled rusted parts and chain, paint. © Blandine Hallé 2015
Day 17. Chain of fools 2, close-up. Upcycled rusted parts and chain, paint. © Blandine Hallé 2015

40 days 40 necklaces – day 16, “chain of fools 1”

Day 16. Chain of fools 1. Upcycled rusted parts, washers, nuts and bolts. © Blandine Hallé 2015
Day 16. Chain of fools 1. Upcycled rusted parts, washers, nuts and bolts. © Blandine Hallé 2015

I felt a bit lonely today in my studio, so I made myself a friend… I like the look of him 😉

The title that came to my mind is “chain of fools” from Aretha Franklin’s song

Je me sentais un peu seule aujourd’hui dans mon atelier, alors je me suis fais un ami… J’aime bien de quoi il a l’air 🙂

Le titre qui m’est venu a l’esprit est « chaine d’idiots » de la chanson d’Aretha Franklin

40 days 40 necklaces – day 13, “off the grid 2”

Day 13, Off the grid 2. Upcycled aluminium, sterling silver, rubber, nylon. © Blandine Hallé 2015
Day 13, Off the grid 2. Upcycled aluminium, sterling silver, rubber, nylon. © Blandine Hallé 2015

Another busy day… necklace finished and photographed by 3.40pm before going to two meetings late afternoon and evening! And I did manage to fit a walk on the beach at sunset between meetings – a very good day, really!

Une autre journée bien occupée… le collier fini et photographié avant 15h40 avant d’aller à deux réunions en fin d’après-midi et le soir ! Et j’ai même réussi à aller me promener sur la plage au coucher du soleil entre les réunions – un vraiment bonne journée !

Day 13, Off the grid 2 - detail. © Blandine Hallé 2015
Day 13, Off the grid 2 – detail. © Blandine Hallé 2015

40 days 40 necklaces – day 7, “learning the ropes”

Day 7. Learning the ropes. Upcycled ropes, straps and metal. © Blandine Halle 2015
Day 7. Learning the ropes. Upcycled ropes, straps and metal. © Blandine Halle 2015

A French proverb says: “the appetite comes with eating”. I could say today: “creativity comes with making”. I wanted to do something fun and easy after yesterday big day. I found my rock climbing equipment in my garden shed and played with it all morning. I haven’t climbed for the last 10 years, it’s something I did a lot for years (with hiking and skiing), growing up in a family of mountain climbers. It took a while for my hands to remember the knots. I didn’t do any climbing today yet I had a great time experimenting this and that sitting  in my garden on a beautiful sunny day.

Le proverbe dit “l’appétit vient en mangeant”. Je pourrais dire aujourd’hui : « la créativité vient en faisant ». Je voulais faire quelque chose d’amusant et facile après la grosse journée d’hier. J’ai trouvé mon équipement d’escalade dans mon abri de jardin et j’ai joué avec toute la matinée. Je n’ai pas escaladé depuis 10 ans, c’est quelque chose que j’ai beaucoup fait pendant des années (avec la randonnée et le ski) car j’ai grandi dans une famille d’alpinistes. Cela a pris un moment pour que mes mains se souviennent des nœuds. Je n’ai pas fait d’escalade aujourd’hui mais j’ai passé un très bon moment à expérimenter ceci et cela, assise dans mon jardin par une belle journée ensoleillée.

40 days 40 necklaces – day 3, “off the grid”

Day 3. Off the grid. Upcycled aluminium & plastic, sterling silver, silvered metal, paint, linen thread. © Blandine Hallé 2015
Day 3. Off the grid. Upcycled aluminium & plastic, sterling silver, silvered metal, paint, linen thread. © Blandine Hallé 2015

It’s very satisfying to see on one side ideas I have been carrying in my head  for a while, and on the other side materials that have been sitting on shelves  finally meeting and transforming themselves into reality…

C’est très satisfaisant de voir finalement se rencontrer et se transformer en réalité d’un côté des idées que j’avais  dans la tête depuis un moment, et de l’autre côté des matériaux entassés sur les étagères…

 

40 days 40 necklaces – day 1, “mourning”

Day 1, mourning. Brass, paint, mesh fabric, thread. © Blandine Hallé 2015
Day 1, mourning. brass, paint, mesh fabric. © Blandine Hallé 2015

Edited 13/1/2016: on 4 November 2015, in 40th day of the project, I decided to stop it on that day due to my mother’s sudden ill health that required me to travel to France unexpectedly.

On 25 Sept 2015: The idea has been stewing in my head for a while, since last March to be precise. I had then a really good bout of creative energy, experimenting with different materials and techniques, making a necklace every day. I would get up in the morning and all I wanted to do is go to my studio and make. I was having great fun and I thought that I would like to continue doing that for a period of time, a necklace a day.  And life went on with other priorities getting in the way…

Then last week I was in Brisbane and I went to Artisan gallery to see the exhibition ‘Attitude As Form’ where I have a necklace presented. On my way out of the gallery I noticed the display in the shop window and the writing – #100daysofmugs – I thought “that’s the idea”…

So here’s my project: making one new necklace every day for 100 days.

What started me today on this is some very sad news from a woman I recently met about her oldest son. I really feel for her and her family, and in wanting to express my empathy and sadness, the idea of this first necklace came. I called it ‘mourning’. I feel that life is such a fragile state, one day here, the next day gone.

So no more procrastination: today is the first day of my 100 days of necklaces.

Note du 13/01/2016: le 4 novembre 2015, j’ai arrêté le projet le 40ème jour à cause de la nouvelle d’un problème de santé soudain de ma mère qui m’a demandé un voyage en France de façon imprévue

le 25 septembre 2015: L’idée mijotait dans ma tête depuis un moment, depuis mars dernier pour être précise. J’ai eu alors une période de grande énergie créative, expérimentant avec différents matériaux et techniques, en faisant un collier chaque jour. Je me levais le matin et tout ce que je voulais faire c’est d’aller dans mon atelier et de fabriquer. Je m’amusais beaucoup et j’ai pensé que ce serait bien de continuer à faire cela pendant un temps : un collier par jour. Et puis la vie et ses priorités a repris le dessus…

La semaine dernière j’étais à Brisbane et je suis allée à la galerie Artisan pour voir l’exposition ‘Attitude As Form’ où j’ai un collier qui y est présenté. En sortant de la galerie, j’ai remarqué la présentation dans la vitrine et ce qui était écrit – #100daysofmugs (100 jours de mugs, ou de tasses), j’ai pensé « c’est ça l’idée »…

Alors voilà mon projet : faire un nouveau collier chaque jour pendant 100 jours.

Ce qui m’a fait démarrer là-dessus aujourd’hui ce sont les nouvelles très tristes que j’aie reçu ce matin d’une femme que j’ai connue récemment à propos de son fils ainé. Je pensais à elle et à sa famille et je voulais exprimer mon empathie et ma tristesse, c’est de là que l’idée de ce premier collier est venue. Je l’ai appelé ‘deuil’. Je sens que la vie est un état si fragile, un jour là, le lendemain partie.

Alors je ne remets plus au lendemain : aujourd’hui est le premier jour de mes 100 jours de colliers.

Selected for Contemporary Wearables ’15

Suburban Tribal, neckpiece closeup. Repurposed plastic tube & conduit, paint, thread. © Blandine Hallé 2015
Suburban Tribal, neckpiece closeup. Upcycled plastic tube & conduit, paint, thread. © Blandine Hallé 20

I am very happy to see my neckpiece of the Suburban Tribal series selected for The Contemporary Wearables Biennial Jewellery Award and Exhibition 2015 (see Gallery Jewellery for more images) . This show invites prominent and emerging jewellers from Australia and New Zealand to show their work in Toowoomba (QLD) and, as part of a possible touring exhibition, other Australian galleries. Award winners and acquisitions will be announced at the official opening and awards ceremony on Sunday 20 September 2015 at 2pm.

Artist Statement:

This neckpiece “Suburban Tribal” is made of discarded materials collected on building sites. It is a satirical view on what has become of the Dreaming in contemporary materialistic Australia, and the loss of its original indigenous significance.

A tribal society is a group of people occupying contiguous territories and having a feeling of unity deriving from similarities in a culture, frequent contacts and a certain community of interests. In such society, apart from body beautification and adornment, jewellery is also used for rituals and to honour deities.

I associate living in Western Australian suburbs with a form of tribal society life where we have placed the house, the car and other objects on an altar that we worship in pagan rituals. We define our place in society by the possession and value of those objects.

Traditionally in tribal society, jewellery is made with products that are easily available for the people; usually the raw materials are humble. Perth’s urban sprawl landscape is full of building sites and skips; the plastic tubing and conduit I re-used are not precious materials.

Contemporary Wearables 15_invitation

Je suis très heureuse de voir le collier de ma série Suburban Tribal (traduction : Tribal de Banlieue, voir plus d’images dans la galerie bijoux) sélectionné pour l’exposition biennale du bijou contemporain « Contemporary Wearables 2015 ». Ce show invite des bijoutiers proéminents et émergeants d’Australie et de Nouvelle Zélande à présenter leur travail à Toowoomba (état du Queensland). Cette exposition pourra voyager dans d’autres galeries en Australie. Les gagnants des prix et les acquisitions seront annoncés lors de l’inauguration le dimanche 20 septembre.

Message d’artiste :

Ce collier « Suburban Tribal » est fait à partir de déchets  de matériaux de construction que j’ai récupérés. Il exprime une vue satirique de ce qu’est devenue le “Rêve” dans l’Australie matérialiste contemporaine et la perte de sa signification originelle dans la culture aborigène.

Une société tribale est un groupe de gens qui habitent des territoires voisins et qui ont un sentiment d’unité grâce à une culture commune, des centres d’intérêts partagés et de fréquents contacts. Dans une telle société les bijoux sont utilisés non seulement pour embellir et décorer le corps, mais aussi pour des rituels et pour honorer les dieux.

J’associe la vie dans les banlieues de l’Australie Occidentale avec la vie dans une forme de société tribale où nous avons élevé le rang de la maison, de la voiture, et d’autres objets au point de les mettre sur un autel pour des rituels de culte païen. Nous définissons notre place dans la société par la possession et la valeur de ces objets.

Dans une société tribale traditionnelle les bijoux sont fait de matériaux qui sont facilement disponibles, en général des matières premières humbles. Le paysage de l’étalement urbain de Perth est rempli de sites de construction et ses bennes à ordures ; le conduit et le tube en plastique que j’ai utilisés ne sont pas des matériaux précieux.

In Transit exhibition

in transit invite

Three pieces of jewellery of my serie Suburban Tribal will be presented  from 7 to 17 July  at the In Transit exhibition  in Sydney in conjunction with the JMGA biennale conference EdgesBordersGaps

Opening Saturday 11 July, 4 to 6pm. Depot II gallery,                               2 Danks Street, Waterloo, NSW

Trois bijoux de ma série Tribu de Banlieue seront présentés du 7 au 17 juillet à l’exposition En Transit à Sydney conjointement avec la conférence biannuelle du Groupe des Bijoutiers et Orfèvres d’Australie

Suburban Tribal 3, bangle. Repurposed plastic conduit & pipe, paint, thread
Suburban Tribal 3, bangle. Repurposed plastic conduit & pipe, paint, thread

With the Suburban Tribal serie, I associate life in Australian suburbs with one in a tribal society. In this context, jewellery is worn for rituals and to honour deities as well as for beautification and adornment. In our suburban society, we have placed the house and the car on an altar and we worship them in pagan rituals. In traditional tribal society, jewellery is usually made with humble materials that are easily available. This is the case of the discarded plastic pipes and conduits from building sites that I repurposed, they are not precious materials. This serie is part of a body of work I named A Renovator’s Dream – a pun on the loss of the meaning of the ancient indigenous Dreaming in contemporary Australia.

Suburban Tribal 4, ring. Repurposed plastic pipe & conduit, paint, acrylic, thread. © Blandine Hallé 2015
Suburban Tribal 4, ring. Repurposed plastic pipe & conduit, paint, acrylic, thread. © Blandine Hallé 2015

Avec la série ‘Tribu de Banlieue’, j’associe la vie dans les banlieues australiennes à celle d’une société tribale. Dans ce contexte, les bijoux sont portés pour des rituels et pour honorer des dieux, ainsi que pour la décoration et la beauté. Dans nos sociétés banlieusardes nous avons placé la maison et la voiture sur un autel et nous les vénérons dans des rites païens. Dans les sociétés tribales traditionnelles, les bijoux sont en général faits de matériaux humbles qui sont facilement disponible. C’est le cas ici pour les tuyaux et conduits que j’ai recyclés, ce ne sont pas des matériaux précieux. Cette série fait partie d’un ensemble de travail que j’ai appelé ‘Un Rêve de Rénovateur’ – un jeu de mot sur la perte, dans la société australienne contemporaine, du sens originel du Rêve aborigène.

pendant with red plastic circles and white acrylic squares threaded together
Suburban Tribal 2, pendant. Repurposed conduit, acrylic, paint, thread. © Blandine Hallé 2015

 

A Renovator’s Dream & the alchemy of repurposing

“Here stands the mean, uncomely stone,
Tis very cheap in price!
The more it is despised by fools,
The more loved by the wise. ”                                                                                              Arnaldus de Villanova, 13th century alchemist (1)

Oozing charm - closeup1
Oozing charm, close-up. © Blandine Hallé 2015
pendant, recycled timber & black plastic tubing, distressed paint
Oozing charm, recycled timber and plastic, paint, linen thread. © Blandine Hallé 2015

I find the activity of repurposing utterly exciting and satisfying. Somehow the verb ‘ to repurpose’ is more accurate than ‘to recycle’ in describing what I’m doing by creating jewellery out of junk: it  gives more the idea of an intent, a purpose. It’s not just avoiding the waste of material through the act of recycling, it is to adapt it for use in a different purpose.

There is something magical in the process of transforming a piece of discarded material into a piece of adornment. It feels like an alchemy, which is usually known as the ability to transform base metals into noble metals (gold or silver).

Making something beautiful out of scraps, of bits and pieces that I have collected, not only gives me pleasure during the process of creation and when seeing the final result, but also it is very empowering and structuring. As I create an object on the outside, I create myself from the inside. It helps me define who I am and what I do. I see beyond the junk, I visualise in my mind shapes and form. By making this vision or this dream real, I am projecting out something from within. Making conscious the unconscious.

It was through understanding the significance of alchemical symbolism that Jung came to formulate his central concept of individuation” says Maureen B. Roberts, Ph.D (2). She continues: “In the alchemical search for the Philosophers’ Stone Jung saw a direct parallel to the quest for the divine inner centre of the self. As base metals are gradually transmuted into gold, the ultimate unity and perfection, so unconscious processes manifesting themselves as archetypal images and symbols are transformed into the psychological equivalent of gold or the Stone, the undivided self. Thus the symbolism of the alchemical process represents a centralising and unifying instinct which culminates in the production of the self as a new centre of totality” (3)

Looking at what I have made, as if looking in a mirror, I see who I am.

pendant, recycled plastic orange rings and wooden slates threaded together
subdivide and prosper, plastic, wood, linen thread. © Blandine Hallé 2015

1. C.G. Jung, Memories, Dreams, Reflections. Article selection by S. Parker, PhD. Accessed 17/06/2015 http://jungcurrents.com/alchemy

2. M. B. Roberts, Beautiful Circuiting: The Alchemical Imagination in English Romantism, Text from: The Diamond Path: Individuation as Soul-making in the Works of John Keats, 1997. Accessed 17/06/2015 http://www.jungcircle.com/beautiful.html 

3. C. G. Jung, Psychology and Alchemy, trans. R. F. C. Hull, 2nd ed. (Princeton, NJ: Princeton UP, 1970) 115. Accessed 17/06/2015 http://www.jungcircle.com/beautiful.html

“Ici se tient la pierre mauvaise et laide

Qui vaut très peu en prix

Plus elle est méprisée par les idiots

Plus elle est aimée par les sages »

Arnaldus de Villanova, alchimiste du 13eme siècle (1)

Je trouve l’activité de réutilisation et de transformation passionnante et satisfaisante. Le mot ‘recycler’ n’est pas tout à fait assez précis pour décrire ce que je fais en prenant un vieux matériel et en le transformant en un bijou. En réutilisant et en transformant, il y a l’idée d’une intention déterminée. Il y a quelque chose de magique dans ce processus, une sorte d’alchimie, qui est habituellement connue comme la capacité de transformer les métaux de base en métaux nobles comme l’or et l’argent.

Faire quelque chose de beau à partir de déchets, de trucs ramassés ici et là, me procure du plaisir non seulement pendant l’acte de création et une fois terminé en voyant le résultat final, mais je trouve également que cette activité est très stimulante et structurante. Alors que je crée un objet à l’extérieur, je me crée également à l’intérieur. Cela m’aide à définir qui je suis et ce que je fais. Je vois au-delà du truc que j’ai ramassé, je vois dans mon esprit des lignes et des formes. En rendant cette vision ou ce rêve réel, je projette à l’extérieur quelque chose de l’intérieur de moi. Je rends conscient l’inconscient.

« C’était par la compréhension de la signification du symbolisme de l’alchimie que Carl Jung en est venu à formuler son concept central d’individualisation » dit M. Roberts (2). Elle continue : « dans la recherche alchimique de la pierre philosophale, Jung a vu un parallèle direct avec la quête du centre divin intérieur du moi. Alors que les métaux de base sont graduellement transformés en or, l’union ultime et parfaite, de la même manière les processus inconscients qui se manifestent sous forme d’images archétypes et de symboles sont transformés dans l’équivalent psychologique de l’or ou de la pierre philosophale, le soi non divisé. Donc le symbolisme du processus alchimique représente un instinct unifiant et centralisant qui culmine avec la production du soi comme nouveau centre de totalité » (3)

En regardant ce que j’ai fait, comme en regardant dans un miroir, je vois qui je suis.