Not for sale – Garland online exhibition

Ceci n’est pas une pipe (Day 22), 2015. Found objects, thread

One of my necklaces from the “40 days – 40 necklaces” series has been selected to be presented in  Not For Sale, an online exhibition in Garland Magazine Issue # 7  (when browsing the page online, it is image 38th)

The exhibition considers not just what we make, but also why we make. It looks at works that were made without expectation of financial reward.

My necklace is “ceci n’est pas une pipe” and here is what I say about it:

It is day 22 of doing one new necklace for 40 days. I look around my studio for inspiration and I decide: today I will be using this pipe. I had it for only a couple of years but it acts as a souvenir of my childhood, of a man I admired and loved and who smoked the pipe. He was the father of my best friend and he holds a special place in my heart as a fatherly figure. He was always caring about how I was doing and showing interest in my activities and thinking; the exact opposite of my distant father. Objects have a purpose that they are meant to be used for. And with that purpose is associated a name. The object “pipe” is used to smoke. Once I had dismantled the object and re-assembled it into a necklace—in the spirit of Marcel Duchamp’s Readymade—its purpose had change, and so its name. The title imposed itself as obvious:”ceci n’est pas une pipe” (this is not a pipe). Of course, I also enjoyed the reference to Magritte’s famous painting “ceci n’est pas une pipe” through which he stated that the image of an object is not the object itself. I found pleasure in taking the statement further, that when an object is being re-purposed, when it is not being used for what it was initially meant for, it also loses its name. “This is not a pipe” is a necklace. Objects have that power of carrying memories and emotional meaning, whatever we do with them. Now this necklace has two souvenirs associated with it: the one of the fatherly man of my childhood, and the period of my life I made it: a few months before my mother’s passing. Cherished memories are not for sale. They are priceless.

Un de mes colliers de la série “40 jours – 40 colliers” a été sélectionné pour être présenté dans l’exposition intitulée « Pas à vendre »  dans le magazine en ligne Garland. Cette exposition parle de pièces que l’on fait sans attendre de récompense financière. Mon collier s’intitule « Ceci n’est pas une pipe » et voilà ce que j’ai expliqué :

C’est le 22ème jour des 40 jours où je fais un nouveau collier chaque jour. Je regarde autour dans mon atelier pour trouver l’inspiration et je me décide : aujourd’hui j’utiliserai cette pipe. Je l’ai depuis quelques années seulement mais elle représente un souvenir de mon enfance, celui d’un homme que j’admirais et que j’aimais et qui fumait la pipe. Il était le père de ma meilleure amie et il tient une place spéciale dans mon cœur comme une figure paternelle. Il demandait toujours comment j’allais et exprimait un intérêt dans ce que je faisais et ce que je pensais ; exactement l’opposé de mon père distant. Un objet a une utilité pour laquelle il est utilisé. Et avec cette utilisation est associé un nom. L’objet « pipe » est utilisé pour fumer. Une fois que j’ai eu démonté la pipe et que je l’ai ensuite réassemblée en un collier – à la manière de Marcel Duchamp et ses Ready-made – son utilisation changea, ainsi que son nom. Le titre s’est imposé de manière évidente : « ceci n’est pas une pipe ». J’ai également pris plaisir à évoquer la référence au tableau célèbre de Magritte, « ceci n’est pas une pipe »  où il affirme que l’image de l’objet n’est pas l’objet lui-même. J’ai amené l’affirmation plus loin en disant que quand un objet change d’utilisation, quand il n’a plus le même usage qu’à l’origine, alors il perd son nom. « Ceci n’est pas une pipe » est un collier. Les objets ont le pouvoir de porter en eux-mêmes des souvenirs et un sens émotionnel, quel que soit l’usage que l’on en fait. Maintenant ce collier a deux souvenirs qui lui sont associés : l’un de cette figure paternelle de mon enfance, et l’autre de la période où j’ai fait ce collier, quelques mois avant le décès de ma mère. Les souvenirs précieux ne sont pas à vendre. Ils n’ont pas de prix.

 

 

Second Home – Garland online exhibition

The new online magazine Garland has just published an exhibition on the theme of Second Home in which I have presented my series of the Native and the Migrant together with my writings on the subject matter:

The Migrant, detail. © Blandine Hallé 2015
The Migrant, detail. © Blandine Hallé 2015

In a post-modern point of view a nomad is a person who can be described in neither space nor time, by contrast with a person living a sedentary existence who can be defined in space and time (1). For the last thirty years I have lived a nomadic lifestyle where I have had two homes, if not physically, at least in my heart and mind – one in my country of origin, France, and one abroad. As a young adult, I was considering France as my primary home, and the second one would be in the other location where I would go and live for some time – a foreign country, another continent. As life went on, the experience reversed to the opposite. Having lived most of the last 18 years in Australia, I progressively identified this continent as being my primary home, and France became the second one. For many years I was torn with the idea that at some point I would have to choose between one and the other, as if migrating to a new place as an adult you could completely erase the culture and language of the country you came from. Today I have accepted with great relief that I don’t have to choose, I can have one home and a second one. I can be Australian and French.

As an artist, I enjoy this nomadic lifestyle according to the seasons and times of the year. From place to place I hunt for inspiration and potential clients, I gather materials and images. I collect seeds and pods, discarded materials, found objects and photographs that I repurpose and upcycle into visual and/or wearable art.

The second home is always the one where I am not, the empty one, the one in my dreams, that is waiting for me to comfortably move in, with the same pleasure and sense of relief that one feels putting on an old familiar jacket.

(1) http://www.imuhar.eu/site/en/nomads/modern_nomads.php?lang=EN

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The Native, detail. © Blandine Hallé 2015

Le nouveau magazine en ligne Garland vient juste de publier une exposition sur le thème du “deuxième chez moi” pour laquelle j’ai présenté mes séries du Natif et du Migrant avec ce que j’ai écrit sur le sujet:

D’un point de vue post-moderne, un nomade est une personne qui ne peut pas être décrite selon l’espace et le temps, par contraste avec une personne qui vit une existence sédentaire qui elle peut être définie dans l’espace et le temps (1). Ces trente dernières années j’ai vécu une vie de nomade où j’ai eu deux « chez moi », si non physiquement, du moins dans mon cœur et mon esprit – un dans mon pays d’origine en France, et un à l’étranger. En tant que jeune adulte, je considérais la France comme mon premier « chez moi », et le second était l’autre endroit où je vivais pendant un certain temps – un pays étranger, un autre continent. Les années ont passées et l’expérience s’est inversée. Ayant vécu la majorité des 18 dernières années en Australie, j’ai progressivement identifié ce continent comme étant mon premier « chez moi », et la France est devenu le deuxième. Pendant de nombreuses années j’étais tourmentée par l’idée qu’un jour j’aurais à choisir entre l’un ou l’autre, comme si en immigrant en tant qu’adulte vous pouviez complètement effacer la culture et la langue du pays d’où vous veniez. Aujourd’hui j’ai accepté avec un grand soulagement que je n’ai pas à choisir, que je peux avoir un premier « chez moi » et également un deuxième. Je peux être australienne et française.

En tant qu’artiste, je profite du mode de vie nomadique en fonction des saisons et des périodes de l’année. D’un endroit à un autre je suis  en chasse d’inspiration et de clients potentiels, je fais la cueillette de matériaux et d’images. Je collectionne les graines et les cosses, les objets jetés et trouvés, les photos que je réutilise et recycle en art plastique et/ou en bijou contemporain.

Le second « chez moi » est toujours celui où je ne suis pas, celui qui est vide, celui de mes rêves, qui m’attend pour que je m’y réinstalle confortablement, avec le même plaisir et la sensation de détente que l’on ressent en enfilant une vieille veste familière.