Who do you think I am – Introduction

made in france. © Blandine Hallé 2015
made in france. © Blandine Hallé 2015

Back in Paris in my home city for the second week since leaving Perth, with two trips to Annecy where I have been with my elderly mother while she travels through this difficult time with her fragile health. She bravely managed Christmas lunch at my younger brother’s place, two days after she left hospital.

On my first week in Paris, I have been occupied with visiting places related to my family ancestry on both side of my family, a kind of pilgrimage. Part of me had this idea to share their story on my blog, but another part of me couldn’t see the point of doing such thing… so I have been dismissing this idea so far. But this morning as I woke up I realised what this desire to share my family history meant to me.

After nearly 20 years living in Australia, almost to my desbelief, I have embraced the Australian culture, I have become Australian. On Christmas day a friend of mine had shared online a video of Tim Minchin singing “a white wine in the sun. Watching it I laughed and I was moved. I shared it again on my timeline. Another friend commented “you’re very Aussie Blandine”. At first this surprised me, but then I reflected on that comment and I replied “If you can’t take out the French in me,  you also can’t take out the Aussie!

And now the meaning of what was going on for me on that first week in Paris is clear: I needed to welcome you to my country. I am referring here to the way I have seen Aboriginal people do it in many different occasions, in various lengths and with some variations. What I understand of this short ceremony called  “welcome to country” is that they talk about their land and their ancestors, and how they relate to them, they speak the language. They are showing respect to their ancestors and elders, and honouring their history and culture. I read recently that culture is not about the colour of your skin, it’s about making connections. These connections I have made through the multiplicity and variety of my life experiences, which enable me to feel, to a certain extent, at home in Australia, to feel I belong. The “to a certain extent” is about how people know me, what do they know and what they don’t know about where I come from. To feel completely accepted as a migrant, you need to feel a recognition and acceptance of your place and culture of origin. Generally, I don’t have a problem with that: people can hear I am French through my accent and they usually greet me with friendliness, curiosity, and a desire to share experiences. Mostlty their travel experiences in France, the places they have visited. But often I don’t talk much about my own story, where I come from, apart from “I was born and grew up in Paris, now my mum and brothers live in the Northern Alps, South of Geneva”.

Please bear with me… and I will tell you where I am coming from, the story of my people, the story of my land, the story that made me who I am today.  Let the journey begin with this New Year about to start. Like every journey, it’s not so much the destination that matters; it’s what happens on the way. From one episode to another, I will take you from Germany to France, from to Spain to Porto Rico, from Normandy to Paris (hopefully travelling to those places)… from 16th century to 19th to 20th. I know from the research that has already been done by others that my ancestors have been gardener, plumber, entrepreneurs, planters, painters, goldsmith, medical doctors and engineers. My ancestry is made of a mix-and-match of origins and cultures. At a time today where the question of migration, identity and nationality is so debated, I proudly say that I am both the descendant of refugees, migrants, displaced families as well as a long lineage of an established family. I am a migrant myself in Australia, currently living a nomadic lifestyle between two continents in search of my identity and a place to call home. In the process of exploring and telling the story of my ancestors, I see a way to answer my questions of who do I think I am and where is my place in this world.

non conforme. © Blandine Hallé 2015
non conforme. © Blandine Hallé 2015

Qui pensez-vous que je sois ? – Introduction

De retour à paris dans ma ville natale pour la deuxième semaine depuis que j’ai quitté Perth, avec deux voyages à Annecy où j’ai été avec ma mère pour l’aider à traverser cette période difficile pour sa santé fragile. Elle a courageusement participé au déjeuner de Noel chez mon frère cadet, deux jours après avoir quitté l’hôpital.

Pendant ma première semaine à Paris, j’ai été occupée à aller visiter des lieux qui ont une signification dans l’histoire de ma famille, des deux côtés. Une sorte de pèlerinage.  Une partie de moi avait cette idée de partager leur histoire sur mon blog, mais une autre partie de moi ne voyait pas à quoi cela pouvait servir…  alors jusqu’à présent j’avais rejeté l’idée. Mais ce matin en me réveillant, j’ai réalisé ce que voulait dire pour moi ce désir de partager l’histoire de ma famille.

Apres presque 20 ans à vivre en Australie j’ai absorbé et adopté la culture australienne, je suis devenue australienne, presque à mon propre étonnement. Le jour de Noel, une amie avait partagé sur internet une vidéo de Tim Minchin chantant « un verre de vin blanc au soleil ». En la regardant cela m’a fait rire et m’a ému (désolé, mais là c’est impossible de traduire en français cette référence culturelle). Je l’ai de nouveau partagée et un autre ami australien a commenté : « tu es très australienne Blandine ». Au début cela m’a surpris, mais après y avoir réfléchi j’ai répondu (traduction mot a mot) : « si on ne peut pas enlever de moi le fait que je sois française, on ne peut pas non plus enlever le fait que je sois australienne ».

Et maintenant la signification de ce qui se passait pour moi pendant cette première semaine à Paris est devenue claire: j’avais besoin de vous accueillir dans mon pays. Je fais référence ici à la facon de faire des peuples aborigènes, que j’ai vu faire à de nombreuses occasions. Ce que je comprends de cette ceremonie de « bienvenue au pays » est qu’ils parlent de leurs terres et de leurs ancêtres, de leurs relations, ils parlent leur langue. Ils expriment leur respect pour leurs aines et leurs ancetres. Ils honorent leur histoire et leur culture. J’ai lu récemment que la culture ne dépendait pas de la couleur de la peau, mais que c’était une question de connections. Ces connections, je les ai faites à travers une multiplicité et diversité d’expériences dans ma vie, qui me permettent de me sentir, jusqu’à un certain point, chez moi en Australie, qui me donnent un sentiment d’appartenance. Le « jusqu’à un certain point » concerne ce que les gens connaissent et ne connaissent pas de moi et d’où je viens. Pour se sentir complètement acceptée en tant qu’immigrée, vous avez besoin de ressentir une reconnaissance et une acceptation de votre lieu, culture et histoire d’origine. Globalement, je n’ai jamais eu de problème : je suis française, on l’entend dans mon accent, et généralement les gens me rencontrent amicalement, avec une curiosité et un désir de partager leur expérience. C’est-à-dire leur expérience de leurs voyages en France, les endroits qu’ils ont visités. Mais souvent je ne parle pas beaucoup de moi, de mon histoire, d’où je viens, à part « je suis née et j’ai vécu à Paris. Maintenant ma mère et mes deux frères habitent dans les Alpes du Nord, au sud de Genève ».

Suivez avec moi… et je vous dirais d’où je viens, l’histoire de ma famille, l’histoire de mon pays, l’histoire qui m’a faite qui je suis aujourd’hui. Que le voyage commence avec cette nouvelle année qui débute. Comme tout voyage, ce n’est pas tellement la destination qui a de l’importance, c’est ce qui se passe en chemin. D’un épisode à l’autre je vous emmènerai de l’Allemagne à la France, de l’Espagne à Porto-Rico, de Normandie à Paris (en espérant me rendre dans ces lieux)… du 16ème siècle au 19ème et au 20ème. Je sais par les recherches qui ont déjà été faites par d’autres que mes ancêtres ont été jardinier, plombier, entrepreneurs, planteurs, peintres, orfèvres, médecins, hommes de loi et ingénieurs… Mon histoire ancestrale est faite d’un mélange de cultures et d’origines. A une période aujourd’hui où les questions des migrations, d’identité et nationalité sont débattues, je suis fière de dire que je suis descendantes de réfugiés, migrants, familles déplacées autant que d’une lignée d’une famille établie. Je suis moi-même une migrante en Australie, vivant en ce moment un mode de vie nomadique entre deux continents à la recherche de mon identité et d’un endroit que je puisse appeler « chez moi ». Par ce processus d’exploration et en racontant l’histoire de mes ancêtres, j’ y vois une manière de répondre à mes questions sur qui je pense être* et quelle est ma place dans ce monde.

*l’expression « qui pensez-vous être ? » fait référence aux séries TV anglaise et australienne (« who do you think you are ? ») très populaires où des gens, en général connu, vont à la recherche de leurs ancêtres et explorent leur généalogie